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  Contemporaine - Le blog -

Contemporaine - Le blog -

Un espace pour "croquer" (avec un zeste de poésie, si possible) ce que le quotidien donne à vivre ou à observer de l'individu comme de la société. Série de témoignages basés sur le bon sens, la dérision et l'humour. Rire pour philosopher ou philosopher pour rire, coups de cœur ou coups de gueule, qu'importe, CONTEMPORAINE avant tout !


Renoncement et œoeuf à repriser

Publié par Outa sur 12 Février 2007, 19:27pm

Catégories : #en rire pour philosopher et philosopher pour rire

Il est des objets insignifiants qui dénotent de toute une philosophie de  vie. L ’œuf à repriser en fait partie. Qui de nos jours se sert encore de cet objet ? Qui reprise encore, d’ailleurs ? On renonce tous aux vieilles chaussettes dès les premiers signes d’usure. Normal, me diriez-vous. Non!  il n’y  a pas si longtemps, à peine quelques toutes petites décennies, ce n'était pas si normal que ça. On y tenait, les vieilles chaussettes et on passait même des soirées entières à les repriser. Je ne tirerais aucune conclusion sur la consommation en générale ni sur celle des chaussettes en particulier. Détrompez-vous, je ne ferais pas le procès ici de nos sociétés de consommation. Ce n’est pas mon propos. Mon propos est le « renoncement ». Quel mot ! Effrayant !

Ce qui me frappe, c’est le paradoxe. J’aime le paradoxe. Il me fascine. Il est fascinant comme peut l’être un film d’horreur. Grand paradoxe déjà en soi, le film d’horreur : Il nous fait peur, on le trouve beau et attachant et plutôt que de le fuir on reste scotché, pas par la peur, non, mais par cette tentation terrible de vouloir continuer à se faire peur.

Le paradoxe serait-il dans le plus naturel de l’humain ? A regarder vivre un être humain, il semblerait que oui.

 « Avoir », la grande entreprise du genre humain

Dès leur naissance, les humains, alors même qu’ils sont par nature « mortels », les humains sont naturellement éduqués à l’apprentissage d’une grande entreprise : l’acquisition.

Ah ! Acquérir, avoir, posséder, garder !! Voilà le cœur du moteur de nos vies. Non ? Vous n’êtes pas d’accord. Pourtant en y pensant bien, voilà en gros le parcours.

On commence par vouloir avoir l’attention de papa-maman, puis avoir leur amour, le garder, s’emparer de leur confiance, avoir des jouets. Puis dès le premier bain social (crèche, maternelle, école, etc.) avoir des amis, les garder, avoir leur affection, leur temps, avoir la reconnaissance de la maîtresse, avoir des bons points, les collectionner. Encore plus tard, les diplômes, l’argent, la maison, la famille …tous se conjuguent avec l’auxiliaire AVOIR

A quel moment, nous apprend-on ou apprenons-nous, nous à nos enfants, le NON AVOIR ou le renoncement ? Rien, absolument rien (sauf certains « rites » religieux de l’abstinence… et encore, la plupart sous-tendent le principe de « récompense », une autre forme d’avoir) ne nous apprend à renoncer aux choses, aux êtres, à l’acquis, ni même à l’inaccessible. Et pourtant, le renoncement est une épreuve importante contenue dans la vie elle-même…

Et pour finir, juste parce que cette petite philosophie à 3 sous m’est inspirée par la vision d’un œuf à repriser en bois, presque centenaire au moment même où je suis torturée par un horrible mal de dent probablement à extraire, voici, pour le plaisir de se la remémorer, une belle plaisanterie poétique bien connue de Vian, Vian "l’increvable"... sacré Boris! :


La vie, c'est comme une dent
D'abord on y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher, la vie

(Boris Vian – extrait de « Je voudrais pas crever »

-édité en posthume en 1962-)

 

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L
Ça fait plaisir de te retrouver à travers ta plume :-) . Ma mère à toujours eue un œuf à repriser en bois, elle y tenait et me laissait parfois jouer avec. C’est tout de même bizarre que l’instrument ait eu cette forme, il aurait pu être sphérique, ou en demi-œuf, mais non, ils ont choisis de lui donner une forme originelle. Ils étaient forts nos ancêtres. Ils ont tout inventé. Ils  nous ont beaucoup pensés à nous, chose que nous devrions faire à notre tour, penser aux générations futures. Einstein à dis « si j’ai pu voir aussi loin, c’est que je suis monté sur les épaules d’un géant »
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