Mon calendrier délire. Chaque matin, à l’heure du café, il me raconte des choses tour à tour poétiques, saugrenues, superflues, dérisoires, entendues ou convenues. Ça va des fêtes de grands-mères, mères, pères et assimilés, à celle de l’arbre, de l’eau, de l’union maghrébine et de la journée anti-tabac ou encore celle du handisport ou de la femme arabe. Il me sert des dictons et des citations qui enclenchent mon propre délire. Jusque là tout allait bien. On s'amusait bien, mon calendrier et moi. Gym cérébrale matinale, sympathique. Jusqu'au jour où...
Le 30 mars, il m’informe que c’est, tenez-vous bien, je cite:« la journée de la terre en
Palestine ». Vlan! ça réveille! En voilà une info... Terre?!? Palestine!?! De quelle terre parle-t-on? La nourricière ou la meurtrière ? Celle qu'on s'arrache ou la
promise ? Ah oui, "La Promise"!!! Mais alors à qui, je vous prie ? Non mais visez-moi un peu ça: « Journée de la terre en Palestine »! Quelle
formule ! Quelle ignominie ! Il me semble que le dernier mot du dictionnaire qu’on pourrait apposer à Palestine, c’est bien celui de terre. C’est une question de décence,
même pas de terminologie. C'est clair.
Mon calendrier, pourtant très comme il faut et toujours propre sur lui, serait-il à ce point indécent? J’avoue que depuis ce coup du 30 mars,
je suis moins indulgente avec ses délires, jusque là, pourtant, toujours doux, mignons ou à la limite insignifiants.
Il est des jours où les calendriers deviennent infréquentables!
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