C’est le sang qui coule
Dans le marbre de la Haute Mésopotamie.
C’est Ninawa abasourdie
Devant son nom d’emprunt, Mossoul.
C’est la sueur laborieuse qui irrigue encore
Les ancestrales fortunes de la mousseline et du coton.
C’est le Tigre apprivoisé
Ligoté par cinq ponts
Pour devenir berceau de l’humanité.
C’est l’Euphrate civilisé
Pour parer d’arrogance et de fierté
L’ancienne belle Babylone
Aujourd’hui plusieurs fois violée.
C’est Jonas rejeté par la baleine
Pour que, ironie du sort, des millénaires après
Sa tombe, déchue, connaisse les véritables tripes de la haine.
Et la Bible de réciter à jamais pourquoi Jonas y a été enterré :
« La parole de l'Éternel fut adressée à Jonas, fils d'Amitthaï, en ces mots:
Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle! Car sa méchanceté est montée jusqu'à moi. »
C’est les innombrables images machiavéliques
Efficientes armes de destruction massive non chimiques
Soigneusement filmées, diffusées et stupidement propagées
Pour terrifier et anéantir le peu qui reste d’humanité.
C’est l’ataxie planétaire
Engendrée par cette rage virale
Qu’est l’insatiable avidité mondiale
De l’omnipotence pétrolière.
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