Hier, c'était la journée mondiale de la liberté de la presse. Dans son énoncé, cette cause est noble. « La liberté » est un concept universel et individuel presque déifié. Ça fait rêver comme on rêve à l’inaccessible étoile. Quant à « la presse », le mot en lui-même porte des actions louables : partager, informer, communiquer, contribuer à consigner l’Histoire, éveiller les consciences, analyser des faits et aider à construire des opinions.
Noble dans son énoncé, cette journée mondiale de la liberté de la presse, voile à peine, par le fait même de son institution, des aveux latents (mondiaux eux aussi, hélas) tout aussi effroyables les uns que les autres! Au mieux, ces aveux internationalement induits sont : oppression, torture et emprisonnement voire assassinat et aliénation psychologique. Au pire, ces aveux voilés sont ce qu’il m’est donné à constater dans un pays que je connais bien.
Dans ce pays « lointain » hors du temps et que je pense bien connaitre, il y a comme une malformation congénitale de la liberté de la presse. Une sorte de trisomie monstrueuse qui donne lieu à toutes sortes de manies, de mimiques et de bouffonneries pitoyables. Malformée, mal nourrie, à moitié avortée et pas tout à fait morte née, la liberté de la presse pour ceux qui pensent réellement l’exercer ou en bénéficier est une série de propos grimaçants, incongrus, coincés entre l’envie de faire du sensationnel et le réflexe incontrôlable de l’autocensure. Une série de propos enragés (et non engagés) sur des sujets fades et pas « sensibles » du tout, jetés à tort et à travers par besoin de trouver un défouloir. Une série d’inepties non fondées, rédigées dans les chiottes du bar du coin, puant encore le souffre de la mauvaise bière engloutie à grandes gorgées dans de grands éclats de voix entre «intellos» de la place reconnus et déprimés, se retrouvant pour refaire le monde exactement à la manière de celui qu’ils voudraient changer ou même pire. Les sujets relatés par la presse de ce pays que j’ai connu ou que je crois connaître sont souvent des sujets de substitution. La quête de ceux qui écrivent les articles (je crois que ce sont des journalistes, je ne suis pas certaine) c’est au mieux un besoin alimentaire basique, à savoir le tarif de la pige ; au pire l’effet d’annonce du titre de l’article. Le reste importe peu. Le contenu qu’il soit culturel, social, sportif, politique ou économique n’a aucune importance. Les effets d’annonce avant tout.
Il faut rester juste et rendre à César ce qui lui appartient. C’est vrai quoi, je dois reconnaître tout de même que dans sa forme, le contenu est « libre », très libre ! Aucune contrainte « opprimante » : pas de structure, pas de syntaxe, pas de règles grammaire, pas de dictature d’orthographe et jamais de suite dans les idées ce qui était blanc dans l’article de la veille peut être noir sous la même plume le lendemain (« plume » étant un cadeau sémantique que je fais à cette presse là en ce jour mondial de sa pseudo liberté !)
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