Seul le silence est grand. Seul est immense le désert dans sa nudité hurlante. L’esprit peut enfin s’y entendre et s’y étendre (…«sans se répandre, pauvre Lola »J…).
On croit « habiter » le désert et c’est le désert qui vous habite. Terre et ciel s’y confondent, s’y touchent, s’y épousent. Et vous, entre les deux, vous n’y êtes plus qu’un point parmi l’infinité de points de rencontre possibles.
De cette rencontre, il n’appartient qu’à vous de décider si vous en êtes le discret complice, l’attentif observateur, le fidèle et appliqué artiste-transcripteur ému, ou l’indifférent quidam de passage tombé sur ce spectacle par hasard.
Seul le silence est grand. Seul est immense le désert dans sa nudité hurlante. L’âme y est enfin face à elle-même, débarrassée du superflu, recentrée sur l’essentiel, elle évolue légère pour finalement revenir sur elle-même, sans cesse, à nouveau, encore et encore. (« Révolution permanente »J).
On pense traverser le désert et c’est lui qui vous traverse. On y devient fou, poète, sage, croyant, mécréant, philosophe ou prophète.
On y chatouille, jusqu’au vertige, les fondements mêmes de la métaphysique. On y tutoie l’Au-delà et le Créateur. On en est si proche qu’on peut même se permettre des écarts de langage. On communique avec Lui sur un même pied d’égalité, tout en Lui reconnaissant une grandeur absolue et superlative. On témoigne, alors, sans l’ombre d’une hésitation, qu’il est «Akbar».
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