Ah ! la communication! En voilà une bonne idée. Peut-être la dernière bonne idée ; alors nous allons nous y accrocher vaille que vaille, parce que c’est elle qui va « favoriser un fonctionnement plus efficace de l'économie de marché » (phrase standard lue, entendue, relue, réentendue dans toutes les langues, pas vous ?) . La communication, besoin primaire d’échange. Greffons dessus tous les besoins d’échanges, les mercantiles, les pervers, les scientifiques, les humanitaires, les ludiques. Sûr que la greffe prendra. Quel meilleur moteur pour les échanges que l’essence même de l’échange :
Une information qui ne se livre pas est vouée au silence, à la mort, au néant, elle ne peut donc rien produire, ni même se reproduire. C’est en cela qu’elle pose un problème au niveau de l’échange tel qu’il est conçu dans les modèles archaïques basés sur les « marchandises » monnayables. Il est vrai que le paradoxe est de taille : L’information n’a de valeur que si elle s’échange, elle peut aller jusqu’à se livrer « gratuitement » pour acquérir de
Qu’à cela ne tienne. Les plus grands de ce monde ont pensé à tout. Nous allons créer « une société de l’information ». Le projet de cette « société » est tout ce qu’il y a de plus louable et de plus nobles : réduire les écarts entre les peuples. En somme c’est un modèle d’entreprise publique à l’échelle planétaire. Une sorte de « société de distribution de l’information » comme il y a pu y avoir au niveau des pays des sociétés publiques de distribution de houille, de charbons, d’eau ou de gaz, ou transport en commun. Nous sommes tous censés en être des usagers avec les mêmes droits et devoirs. Nous y croyons, nous savons que c’est le salut de l’humanité, alors nous allons y consacrer toute une industrie toute une infrastructure.
Attention , mesdames et messieurs, grande entrée sur scène : les NTCI (Nouvelles Technologies de la Communication et de l’Information), dignes représentantes du 21ème siècle se présentent à vous. Accueillez- les comme il se doit ,applaudissez s’il vous plaît !! Elles vont sauver ce qu’il y a de mieux à sauver dans le processus de mondialisation. Applaudissez !!
Or, que vivons-nous d’autre actuellement au niveau de la planète habillée et fardée récemment et en grande pompe en « Madame Société de l’Information » ? Et la communication dans tout ça ? Pourquoi l’invoque-t-on quand aucun dialogue n’est possible ? Gardons l’œil, veillons au grain pour que sous la désignation du nom du plus noble des échanges entre les humains, la communication, on ne serve pas les pires des ignominies pour accentuer les conflits et les écarts entre les hommes.
Après avoir cherché toute sorte de denrées rares , de métaux précieux , d’industries innovantes, parfois même gadget tiques, le grand « trade » à l’international ne savait plus d’où donner de la tête, ni comment faire fructifier davantage les échanges. Tout ce dont la nature recèle comme éléments naturels exploitables a été exploité. Alors on a cherché, cherché, cherché, pioché, pioché, pioché, dans les coins des coins et recoins des coins des recoins et on a fini par trouver. Mais bon sang, mais c’est bien sûr, ici devant nous, gros comme une montagne, on l’avait pas vu avant, en tout cas pas comme ça, c’était si naturel que ça en devenait imperceptible, c’est pourtant dans la nature de l’homme : la communication.

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