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  Contemporaine - Le blog -

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Un espace pour "croquer" (avec un zeste de poésie, si possible) ce que le quotidien donne à vivre ou à observer de l'individu comme de la société. Série de témoignages basés sur le bon sens, la dérision et l'humour. Rire pour philosopher ou philosopher pour rire, coups de cœur ou coups de gueule, qu'importe, CONTEMPORAINE avant tout !


Al Qahira: coup de coeur ou coup de gueule?

Publié par Outa sur 16 Mai 2006, 22:13pm

Catégories : #coup de coeur

Al Qahira, émouvante belle de nuit !

C’est qu’elle a du chien cette « nefertiteuse » !!!Je suis bien obligée de le reconnaître: Elle est fascinante !  Pourtant, je suis allée à sa rencontre avec un sacré préjugé…Des préjugés, toi ?! Oh la vilaine ! Non mais tu n’as pas honte ? Eh oui, il m’arrive d’en avoir… Ben quoi ?! Que veut dire ce sourire malicieux, et alors, ça arrive, non ? Même aux gens bien (dont je ne fais pas partie d’ailleurs). Non, sérieux, j’ai eu beau m’en défendre depuis des années, ce préjugé était bel et bien là. Il faut dire que la prétention de cette « arrogante » était monstrueuse ! Crier, comme ça, haut et fort à la face de la terre, en visant plus particulièrement  ses cousins proches et lointains, qu’elle est « la mère du monde »… ! La mère du monde ! Non, mais ! Rien que ça !  Forcément, elle n’a pu qu’attirer mon antipathie pour elle, d'emblée, avant même que je ne la connaisse. Je n’aime pas les prétentieuses, ni les arrogantes, encore moins les prétentieuses et arrogantes à la fois.  

Arrivée de nuit, je fus subjuguée, ravie, souffle coupé devant la belle qui brillait, majestueuse, de mille feux, mon préjugé s’est aussitôt évaporé. Coup de foudre. Elle était superbement douce enveloppée dans un châle de lumière, chatouillée par une douce brise nocturne, souriante d’une large et généreuse fossette chaleureuse et éclatante de beauté en plein visage : le Nil.

Ah le Nil ! Je l’aurais admiré toute la nuit sans me lasser  une seule seconde, si ce n’étaient mes obligations matinales du lendemain. Plus tard, je comprendrais, qu’au Caire, entre le jour et la nuit, c’est vraiment le jour et la nuit.

 

Al Qahira! Al Qahira! Brûlure ? Déchirure ? Amertume ?

Al Qahira, je m’éveille et je te regarde. Je te regarde et je te vois. Je te vois et te revois tour à tour, innocente et divine enfant des Dieux les plus puissants. Espiègle compagne de jeux des divinités les plus fantaisistes. Belle  et désinvolte adolescente prometteuse donnée aux rois et aux dynasties les plus diverses. Jeune, typée et plantureuse offerte aux riches étrangers. Mûre, indépendante mais maigre livrée à elle-même. Puis, millénaire mais vidée et grabataire abandonnée à ses propres enfants pour être finalement, totalement abandonnée par eux. Pourquoi ?

Que t’ont-ils fait (et surtout pas fait) ma belle ? Regarde-toi. Pourquoi ne prennent-ils pas soin de toi ? Qui sont ces enfants ingrats qui ne veillent même pas à ton hygiène la plus élémentaire ? Quelle est cette progéniture qui n’a pas la délicatesse de servir la moindre petite fibre de coquetterie qui reste en toi ? Que fait cette génération si elle n'a pas l'élégance de te mettre en valeur?  Pourquoi cette décadence à l’âge du respect. Tu as de beaux restes pourtant. Et puis, encore et toujours, cette magnifique fossette, le Nil, qui fait encore, même à la lumière du jour, ton charme et ton sourire. Je sais, tu ne souris pas. En tout cas, pas vraiment  ou si peu à la vue de la misère qui t’entoure désormais.

Hélas, je ne suis pas restée assez longtemps auprès de toi. Je n’ai pas eu le temps de t’écouter me raconter ton histoire tout en me faisant admirer les précieux vestiges, les petits trésors, les lieux de culte et  de culture que t’ont légué tes rois et tes amants étrangers. Je n’ai rien vu de tout ça, rien entendu de toi. Mais cette rencontre muette, où seul hurlait le contraste entre tes paillettes, la nuit, et tes « dessous » (pas chic), le jour, cette rencontre est une brèche ouverte. Je reviendrais, je t’écouterais, je te comprendrais, je saurais, au-delà de ce que tu représentes, qui tu es.

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