J’aime Dieu. Il est mon confident, mon ami, mon frère, ma sœur, mon père, ma mère, mon créateur, mon compagnon, mon infini, ma vie et mon éternité. Ni mon père, ni mon frère, ni ma sœur, ni personne ne peut se substituer à lui. Il est unique, irremplaçable, inatteignable mais il n’est pas mon « maitre ».
J’aime inventer des prières pour lui. Celles qui me viennent à l’esprit sont parfois poétiques, parfois simples, banales et communes, parfois directes, révoltées et puissantes, parfois douces et résignées. Quand elles se présentent à moi, j’aime les dire, les taire, les penser, les transmettre ou les garder. Mes prières sont naturelles et spontanées. Je les préfère à celles qu’on apprend, qu’on récite ou qu’on ânonne par mimétisme. De celles que je n’invente pas je n’aime que les prières que je comprends et qui m’émeuvent.
J’aime Dieu. Dans ma langue maternelle, il s’appelle Allah. J’aime Allah mais je ne prends pas rendez-vous avec lui cinq fois par jour. Je n’ai pas besoin de formaliser mes demandes d’audience, je suis en communion continuelle avec lui.
Je le respecte et il me le rend bien. Je le respecte sans avoir besoin de l’afficher. Pour son amour, nul besoin de code vestimentaire, ni de signe ostentatoire, ni de lieu de culte, ni de sacrifice, ni de jeûne, ni de flagellation, ni de procession.
Ce n’est pas en cherchant la différence entre le Bien et le Mal que j’ai trouvé Dieu, c’est en essayant de percer le mystère de la Vie et le secret de la Beauté. Ce n'est pas dans la crainte du chatiment et la peur du péché qu'il s'est imposé à moi. Il n’est donc pas mon "maitre". C'est dans la lumière de la Vie que je l'ai vu. Il est mon Créateur, je suis une partie infime de Lui.
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