Je lance une info par là, je le retrouve par ci. Je trouve un mot par ci je
rebondis dessus par là. Je découvre une image, je la garde pour moi et elle m’est envoyée par un prétendu ami que je ne connais même pas. Je reçois un courrier, je suis dans une liste de
destinataires totalement étrangers à ma vie.
La télé reprend des infos tout droit sorties des blogs, les blogs réécrivent les journaux, les journaux éditent ce que le net diffuse, l’origine des photos et des vidéos est diffuse. Le net
rediffuse la télé, la télé vous invite sur le net. Les satellites recrachent sans répit, par tous les trous de la terre qui le veulent bien, tout ce
qu’on leur balance sans retenue, en continu à partir des 4 points cardinaux pour dire au monde, en face, ces 4 vérités.
«Société» pompeusement appelée «de l’information» depuis peu,
«village planétaire» dit-t-on, joliment, aussi pour désigner la partie du monde qui partage les mêmes nouvelles technologies dites de l’information et de la communication ("village", que
c'est charmant! On dirait "la petite maison dans la prairie").
On communique beaucoup, on communique vite, on communique autrement, on communique tout le temps, on partage mots, sons et images, on retrouve de vieux camarades, on fait connaissance avec les
inconnus issus d’un voisinage qui est là pourtant depuis longtemps, tout simplement parce que c’est la volonté de Seigneur Web, (ainsi soit-il), ou,
tout bêtement, parce que le mot-clé que vous avez sélectionné est le nom de votre cité.
On traverse la toile dans un foisonnement d’idées mûries et moins muries, de bobards et de vérités, d’images truquées et d’images vraies, on passe de l’intimiste au généraliste, on croise des
lapalissades et on tombe sur du hautement confidentiel. On trébuche sur du pas très catholique, on grimace. On se fait peur par des rumeurs soigneusement abandonnées aux détours de sites
pas sécurisés. On se relève, on reprend en main ses émotions et on avance. Attention ! Nous sommes dans le tunnel (factice) des horreurs (réelles) d’une fête foraine qui se
prend au sérieux…
Attention les « nases » accrochez-vous !
P.S. : confidence : J'en ai eu le vertige, voilà pourquoi j'ai déserté mon blog. J'y reviens aujourd'hui sans trop savoir pourquoi... Les voies du Seigneur Web sont impénétrables... Quoi? M’aurait-il à ce point « évangélisée »? Au secours, lâchez-moi, je ne suis qu'une mécréante du net!
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